L'association Juste ici soutient des projets artistiques en espace public

Festival BIEN URBAIN

9e édition - juin 2019

à Besançon

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CENSURE DE LA PEINTURE DE NANO 4814

Le 03 décembre dernier, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir que Neolia procédait à l’effacement de la peinture murale de l’artiste espagnol NANO 4814, réalisée en juin dernier sur le pignon du 13 Cité Bouloie dans le cadre de Bien Urbain.

 

Dès cet été, l’organisme logeur nous avait fait part de son souhait d’effacer la peinture, suite à une interprétation malheureuse de l’œuvre.

Nous avons immédiatement proposé une rencontre et nous sommes rendus sur place pour échanger avec les habitants et voisins de la Cité Bouloie.

Nous n’avons bien sûr pas rencontré tout le monde, mais aucune des personnes croisées sur place n’avait évoqué le souhait que la peinture soit recouverte. Au contraire, la plupart appréciait de voir le pignon orné d’une œuvre, comme c’est le cas de plusieurs bâtiments du quartier.
Certains habitants que nous avons rencontré se questionnaient sur la présence d’un couteau ou d’un voile sombre qui pourrait représenter un niqab, d’autres y voyaient un fantôme et un Marsupilami voulant couper le fil qui enserre ses amis avec un opinel tandis que l’artiste NANO 4814 y voyait lui une scène symbolisant la difficulté de l’acte artistique et ses interrogations multiples sur sa peinture vis à vis de l’histoire de l’art.

Les interprétations d’œuvres sont toujours ouvertes.
Au mois de septembre, Neolia nous a demandé d’effacer le mur, or notre rôle est de permettre à des artistes d’intervenir dans l’espace public, non pas d’effacer leur travail sans discussion préalable. Nous n’avions depuis eu aucune nouvelle de la part de l’entreprise et avons découvert le jour même que la peinture était entrain d’être recouverte, sans que ni l’artiste, ni notre association n’en ait été informé au préalable.

 

Nous regrettons cet acte unilatéral de censure artistique et défendons que l’échange et le dialogue sont toujours plus féconds que la « mise sous le tapis ». Si cette œuvre avait réellement fait polémique (ce que nous n’avons pas ressenti), il aurait été plus intéressant d’en profiter pour discuter, échanger, confronter des points de vue, plutôt que de céder à la peur. La « censure préventive » n’a jamais été positive pour le « vivre ensemble ».
☞ N’hésitez pas à nous contacter pour échanger à ce sujet !
Œuvre intacte

Photo : C. Cura

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